Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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C'est officiel, la Commission Electorale nationale indépendante vient de proposer la date du 4 février 2018 pour la tenue des élections communales. Cette date a été proposée ce lundi 25 septembre au terme de l'atelier de planification des opérations Électorales qui s'est tenu du 21 au 25 septembre 2017 dans un réceptif  à Conakry.

L’annonce a été faite en présence des partis politiques, des acteurs de la société civile, de l’administration et des partenaires techniques et financiers qui ont participé à l’élaboration du chronogramme des élections communales. 

Les recommandations

Les participants ont salué les organisateurs, les partenaires techniques et financiers pour la démarche inclusive enclenchée par la CENI en vue de la réussite du processus électoral. Ils soutiennent la CENI et ses partenaires dans cette nouvelle dynamique. Toutefois, ils ont recommandé entre autres : la mise à disposition effective et à temps de l’intégralité des fonds alloués à l’organisation des élections locales ; la prise en compte des amendements formulés par les différents groupes en plénière ; la mobilisation et la collaboration  de tous les acteurs autour de l’exécution sans faille de ce chronogramme ; la compréhension, la diligence et la souplesse de l’ensemble des défis liés au processus électoral.

Dans son discours de clôture, le Président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé, s’est félicité de la qualité des contributions respectives et l’engagement individuel et collectif qui a été la base des travaux. « Mon objectif à la tête de cette institution, c’est de travailler toujours avec mes collègues et les démembrements de la CENI la main dans la main pour la construction de notre jeune démocratie à travers l’organisation des élections inclusives avec des résultats acceptés de tous ». Me Kébé a insisté que la CENI a l’obligation d’associer les acteurs à toutes les phases des élections. Il a réaffirmé la volonté indéfectible de son institution d’organiser des élections crédibles, transparentes dans un climat apaisé. « Nous réussirons ce pari grâce aux efforts conjugués de tous. Voilà pourquoi je réitère l’appel solennel de la CENi à toutes les parties prenantes pour que nous réussissons à relever le défi dans un environnement de paix ». Enfin, le président de la CENi a exprimé son soutien aux démembrements qui n’ont jamais cessé de faire montre d’esprit de sacrifice, d’abnégation et de disponibilité malgré les difficiles moments qu’ils ont passés. « Aux partis politiques, à la société civile, représentants de l’Administration, de l’Economie et finances, du Budget, aux partenaires techniques et financiers, je vous dis merci pour votre contribution à l’élaboration de ce chronogramme qui du reste est l’expression d’un consensus au regard de tous les préalables et toutes les difficultés qui pourraient surgir sur le chemin de sa mise en œuvre ». Le Président de la CENI a invité tous les participants à être les ambassadeurs de la CENI auprès de leurs structures respectives pour expliquer le contenu du chronogramme.

Le mot de la société civile

Dr Dansa Kourouma, président du CNOSCG (Conseil national des organisations de la société civile de Guinée), a d’abord regretté que les ministères de l’Economie et des Finances, du Budget ne soient pas représentés par ses hauts cadres. Parce qu’il estime que ces ministères devraient mettre la totalité du budget électoral dans le compte de la CENI, conformément à la loi L016. Même que les contraintes  qui restent, c’est la bonne foi des acteurs et la volonté politique. Il soutient que cet atelier était opportun. « Parce qu’il a permis à la CENI de montrer toute la dimension de sa volonté d’associer tous les acteurs au processus électoral. Ce qui est une avancée importante. Parce que c’est un processus de planification qui a pris en compte toutes les opinions, même les plus spécifiques et les plus divergentes. Il y a un consensus qui se dégage en filigrane sur ce chronogramme qui a été présenté par la CENI. Un chronogramme qu’on a évalué et analysé de fond en comble après avoir évacué les contraintes, les enjeux et les défis. Nous avons eu des garanties : d’abord du gouvernement qui à travers son communiqué dit que la totalité des fonds nécessaires pour l’organisation des élections locales est disponible. C’est une garantie importante, même si ce n’est pas de la loi, mais quand les plus autorités du pays s’engagent à mobiliser l’essentiel des ressources pour les élections, nous saluons et nous encourageons. Puis, la quasi-certitude que le Président de la CENI a donné par rapport à la bonne disposition du ministère de l’Economie et des finances, du Budget de coopérer pour que les fonds soient rendus disponibles en fonction de l’agenda de décaissement proposé par la CENI ». Et conclure : « La société civile salue la bonne volonté des acteurs politiques qui ont fait montre de fair-play et de responsabilité en s’associant à ce travail. Mais qu’à cela ne tienne, le 7 octobre le compte à rebours va commencer. A la société civile, nous allons commencer à chronométrer les opérations électorales. Un chronogramme est un outil de monitoring important pour la société civile. S’il y a une activité qui retarde, nous allons tenir la CENI pour responsable. Je demande aux acteurs politiques de s’associer et d’assumer ce chronogramme parce que leurs représentants étaient dans la salle. On ne peut pas avoir des représentants dans la salle qui ont eu droit à la parole autant de fois qu’ils l’ont demandé et que dehors qu’il y ait de la dissonance. En ce qui nous concerne, nous assumerons ce chronogramme et nous allons veiller à ce que l’ensemble des activités planifiées dans le temps et dans l’espace soient réalisées conformément à ce qui a été adopté. Le gouvernement et la CENI, pour le moment, sont les seuls responsables par rapport au retard qui sera  constaté dans l’exécution de ce chronogramme ».

Les sentiments de l’Ufdg

M. Mamadou Fadja Baldé, secrétaire national adjoint chargé des élections à l’Ufdg, n’a pas caché ses sentiments : « C’est une bonne nouvelle pour nous en ce sens que comme vous le savez l’Ufdg s’est toujours battu pour qu’il y ait les élections communales en Guinée. Ce sont des élections stratégiques qui comptent beaucoup chez nous. Si la date est tenue, vraiment nous sommes satisfaits ». N’avez pas d’inquiétudes par rapport au respect de cette date ? « Le Président de la CENI nous a rassuré qu’ils pourront avoir les fonds pour organiser les élections et nous nous en tenons à cela. Nous estimons que le 4 février sera tenu à partir de ce que le Président de la CENI nous a dit et il a été renforcé par ses collègues commissaires. Comme le chronogramme commence à partir du 7 octobre, nous allons suivre de très près le déroulement des activités. Le jour que nous constaterons qu’il y a des blocus quelque part, nous allons nous faire entendre une fois encore ». La question du nombre de magistrats n’est-il pas une contrainte majeure ? « Au niveau de la question des magistrats, il y a eu trois propositions. Deux propositions ont été pour le moment retenues par la CENI, même si la troisième est venue tardivement. Les deux principales propositions seront analysées par la CENI à savoir le déplacement des magistrats vers les circonscriptions électorales ou le groupage des PV au sein d’une même circonscription. Pour le moment, la décision finale n’a pas été prise, mais nous on estime que le déplacement du magistrat est moins risqué que de déplacer les PV d’une circonscription à une autre. Parce que cela amené certains candidats à ne pas reconnaître les résultats des élections. Mais vous le faites sur place, cela pourra renforcer la confiance et les représentants des partis politiques pourront assister à la proclamation des résultats. Je ne vois pas la nécessité de déplacer les PV d’une circonscription A vers une circonscription B alors que le magistrat peut se déplacer. C’est lui qui doit être mobile vers les circonscriptions électorales au lieu que ça soit l’inverse. Nous estimons que ce sera la solution que la CENI retiendra parce que c’est la plus bonne ». Dr Dieng d’ajouter : « Nous nous réjouissons de cette date tout en faisant attention parce que la CENI nous a habitué à des dates non tenues ».

Le Rpg-arc-en-ciel satisfait

M. Moussa Sara Soumaoro, représentant du Rpg-arc-en-ciel, a exprimé ses sentiments : « Nous avons une très bonne impression parce que la CENI a techniquement présenté le chronogramme. La validation de cette date se faite par le Président de la république. Nous sommes prêts à affronter ces élections communales le 4 février 2018. Nous avons demandé à la CENI que le découpage électoral soit conforme au découpage administratif. A notre niveau, il n’y a pas de souci. Depuis dix ans, nous attendons l’organisation de ces élections communales. Donc, si la CENI nous présente la date du 4 février, nous sommes satisfaits parce que cela consolide la démocratie. Nous avons demandé que le gouvernement accélère le processus de décaissement des fonds alloués aux élections ».

Ismaël Kabiné Camara et Souana Doré