Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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Le nouveau président de la CENI, Me Amadou Salif Kébé, entouré des commissaires, a rencontré le personnel d’appui et les présidents des CECI de Conakry ce jeudi 27 juillet 2017. Objectif ? Expliquer le processus du dénouement de la crise qui secouait l'institution électorale.

Il faut rappeler que le 4 juillet 2017, une plénière extraordinaire s’est tenue dans la salle de plénière de la CENI, au 8ème étage. Les commissaires ont procédé, conformément aux dispositions de l’article 17 alinéa 2 de la loi organique  L/2012/016/CNT, à un remaniement partiel du bureau exécutif de la CENI.

C’est sous les ovations de l’assistance que le nouveau président, Me Amadou Salif Kébé, certains membres du bureau exécutif et des commissaires ont fait leur entrée dans la salle de conférence. L'honneur est revenu au Directeur adjoint du Département Communication et Information de remercier les uns et les autres pour avoir répondu à l’appel du nouveau président de la CENI. M. Charles André Soumah avant de donner la parole au Directeur du Département Formation pour retracer le déroulement complet de la crise que l’institution a connue depuis trois mois a invité l'assistance d'observer une minute de silence à la mémoire de leurs collègues commissaires décédés.

Le commissaire Jacques Gbonimy fera remarquer que cette crise a duré plus de deux mois et que l’ancien président, Bakary Fofana, a fait la sourde oreille en les obligeant à passer à l’application de la loi en vigueur et de l’article 17 de la loi organique  L/2012/016/CNT qui stipule qu'à la demande des 2/3 des commissaires, le bureau exécutif de la CENI peut être renouvelé partiellement ou totalement. « L’événement que nous vivons aujourd'hui n’est qu’un aboutissement d’un long processus qui prévaut à la CENI il y a deux mois. Il s’agit du dysfonctionnement de la CENI. Nous avons dit que la situation ne pouvait pas se poursuivre ainsi et qu’il fallait voir les dysfonctionnements de la CENI et y apporter des corrections pour nous permettre d’aller sereinement aux élections locales. C’est à la suite de tout cela qu’une commission a élaboré un projet dans lequel tous les dysfonctionnements étaient exprimés. Et à la plénière, on s’était retrouvé pour amender cette lettre. Malheureusement, nous avons entendu notre président Bakary Fofana dire devant la presse que c’est un petit groupe qui s’est réuni pour écrire cette lettre et que ce n’était pas l’avis de tous les commissaires. Nous nous sommes retrouvés dans une plénière où nous avons tous opté pour la mise en place d’un comité de trésorerie parce que nous n’étions pas du tout satisfaits de la manière dont la CENI était gérée et aussi de la façon dont le président se prenait pour un potentat par rapport à tout ce que nous sommes en train de vivre. Sur les 23 commissaires que comptent actuellement la CENI, 19 commissaires ont participé au vote. Après le dépouillement, les résultats de ce vote se sont  présentés comme suit : le commissaire Me. Amadou SalifKébé a obtenu 18 voix contre une voix pour M. Bakary Fofana, ancien président de la CENI. Au vu de ce résultat, Me. Amadou SalifKébé, jusque-là Directeur du Département Juridique et Contentieux, a été élu nouveau président de la CENI. Il faut préciser que la CENI est composée de 25 commissaires, mais suite au décès des deux commissaires (Maxime Koïvogui et Alpha Yéro Condé), non encore remplacés, elle compte 23 commissaires. Notons aussi que quatre commissaires, El Hadj Mamadi Lamine Condé, rapporteur, (en voyage), Hadja Ramatoulaye Bah, Bakary Mansaré et Bakary Fofana, n’ont pas pris part au vote. », a expliqué le commissaire Jacques Gbonimy. Et de préciser : "Il faut rappeler que le 3 juillet 2017, une motion de défiance a été adressée à M. Bakary Fofana, président de la CENI, par laquelle dix-huit commissaires de la CENI (soit plus des 2/3 exigés par l’article 15 alinéa 2 de la loi organique L/2012/016/CNT portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI), lui demandant la tenue de cette assemblée plénière extraordinaire le 4 juillet 2017 à 11 heures précises. »

Aux dires du commissaire Jacques Gbonimy, les raisons qui les a poussé à tenir cette plénière au lendemain de l’inhumation de leur collègue Alpha Yéro Condé ne sont autres que la conférence de presse animée par l'ancien président Bakary Fofana juste après l'enterrement de leur collègue. "Le décès de notre collègue n'a pas freiné le président sortant, c'est ce qui nous a motivés à nous mettre dans la lancée de son éviction parce que nous pensons qu’en fonction de tout ce qu’il est en train de faire comme agitations, à ne pas comprendre la majorité des commissaires, nous nous sommes dits qu’il ne peut pas nous gérer et il ne peut plus nous amener à une élection qui est capitale comme les élections locales qui pointent à l’horizon ». .

Prenant la parole, le nouveau président a indiqué qu’au cours de son mandat à la tête de la CENI, il ira jusque dans les départements rencontré chacun dans son domaine pour échanger et trouver des solutions aux problèmes qui seront posés. Il fera savoir que dans l’institution qu’est la CENI, des supputations et des rumeurs avaient finies par prendre place sur les réalités du fonctionnement. Il a indiqué que le mépris du président sortant envers tout le monde n’avait que trop durer et qu’il devrait s’arrêter. Selon Me. Amadou SalifKébé, l’une de ses missions est de redonner l’espoir et la confiance au personnel d’appui de la CENI. Il a en outre remercié les travailleurs de la CENI pour s’être mis à l’écart de la crise tout en observant la neutralité. Le président Kébé a enfin lancé une invitation aux directeurs des départements et aux cadres techniques à se mettre dès maintenant au travail en attendant la promulgation de la nouvelle loi électorale.

C’est par des prières faites par El hadj AmadouOuryBaldé et Jacques Gbonimy que la cérémonie a pris fin.

Le Département Communication et Information