Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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Le lundi 10 avril, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a reçu une mission de l’Association mondiale des organes électoraux dénommée A-WEB, basée à Séoul (Corée du sud).

Le Président Bakary Fofana, entouré de plusieurs  commissaires, a reçu cette mission venue à la suite du mémorandum d’entente signé entre la CENI de Guinée et l’A-WEB du 1er au 4 mars  dernier au Salvador. Cette équipe technique de l’A-WEB est à Conakry pour voir avec la CENI guinéenne les pistes de coopération entre les deux institutions. 

Après les séances de démonstration à huis clos, Hadja Ramatoulaye Bah, commissaire à la CENI, a planté le décor de cette visite des missionnaires de l’A-WEB. « La CENI a signé un mémorandum d’entente avec l’Association mondiale des OGE qui est basée à Séoul à la fin du mois de février. Juste après cette signature, l’A-Web a proposé d’envoyer une équipe technique. Cette équipe est venue discuter avec nous tous les défis que nous avons dans les différentes étapes du processus électoral, notamment l’enrôlement des électeurs, leur identification et surtout la remontée à temps des résultats. L’A-Web a déjà travaillé avec beaucoup de pays dont l’Equateur, le Salvador, le Kurdistan. Ils ont apporté beaucoup d’appuis dans le domaine électoral où ils ont modernisé la technologie qui est utilisée. Donc, nous sommes au début de cette coopération. Elle consistera dans un premier temps à mettre en place un projet pilote de trois ans qui commencera qu’en 2018. A travers ce projet, la CENI de Guinée aura l’occasion d’avoir une assistance technique et financière assez robuste de la part de l’A-WEB, mais aussi du gouvernement de la Corée du Sud ».

Est-ce que l’expertise de l’A-Web va corriger les anomalies que nous avons dans le fichier électoral ? Mme Bah a précisé : « Ce que je puis vous dire, j’ai déjà vu des exemplaires de certaines de ces machines. Par exemple, vous avez une machine plus grand que le téléphone Samsung note, quand l’électeur vient, il présente sa carte d’identité, vous pouvez l’inscrire sur place. L’essentiel que cette personne ait la nationalité guinéenne. Le fichier central est transféré dans cette petite machine qui est portable. Si c’est l’enrôlement, elle peut le faire. Si c’est pour voter, elle vérifie son identité, imprime immédiatement sur place sa carte d’électeur et l’électeur vote. L’électeur peut voter de plusieurs façons. On vient de nous dire qu’en RDC qu’ils ont choisi une machine qui doit être fabriquée sur mesure pour eux. Parce qu’ils ont de nombreux candidats plus que nous en Guinée. Comme il y a le problème d’analphabétisme dans le pays, si c’est un paysan illettré, la machine est tactile, il ne peut que mettre son petit doigt sur son candidat et il a automatiquement voté. Chaque bureau de vote sera équipé de cette machine. Mais attention, je ne suis qu’en train d’expliquer que ce que j’ai vu ailleurs. J’ai vu ce système à Bucarest en Roumanie, aux Etats-Unis lors de l’élection présidentielle passée en novembre 2016 et j’ai vu le même système au Japon pour des élections municipales. Je n’ai pas dit que la Guinée avait choisi ce système. Nous sommes en train de considérer le tout parce qu’il est très important d’utiliser les nouvelles technologies pour assurer la transparence et la crédibilité, mais aussi la rapidité de la transmission des résultats. Cela est extrêmement important, mais cela ne doit pas être en porte-à-faux avec nos lois. La machine qu’on nous a montrée imprime automatiquement un procès-verbal, c’est-à-dire au bureau, le PV imprimé est signé et il est scanné immédiatement sur place et transmis à qui de droit. Il faut qu’on fasse très attention, c’est un projet pilote où la Guinée ne dépensera aucun franc. Parce que ce sont des dons qui vont provenir de l’A-Web qui l’a déjà fait ailleurs comme en Tunisie, en RDC et aussi du gouvernement de la Corée du Sud ».

Quelle est l’option que vous avez choisie ? La commissaire a ajouté : « Nous sommes d’apprendre avec eux, ils vont nous donner des conseils. Nous allons partager ces informations avec tous les acteurs du processus ».

Ce partenariat pourra résoudre le problème de cartes d’électeurs ? « Cela dépendra de ce que la Guinée va choisir. Je dis la Guinée, ce n’est pas la CENI. Si tous les acteurs acceptent qu’ils choisissent la machine qui imprime la carte d’électeur immédiatement sur place, que la loi de permet de le faire, d’accord. Mais si elle ne te le permet pas, tu ne peux pas le faire », a conclu la commissaire Hadja Ramatoulaye.

Le chef de la délégation de l’A-Web a expliqué le but de son institution : « Notre but est de promouvoir des élections paisibles surtout dans les pays qui sont en train d’expérimenter la démocratie. Nous sommes venus en Guinée pour faire connaître nos connaissances dans le domaine électoral. Notre association est spécialisée dans le domaine de l’enrôlement des électeurs, l’identification des électeurs ainsi la transmission des résultats du vote. Peut-être la Guinée a besoin de telles technologies. Voilà les raisons pour laquelle nous sommes là pour en discuter plus profondément avec la CENI ». Même que l’A-Web a déjà fait des appuis dans ce sens au Kurdistan où ils ont connu un grand succès. « Nous sommes en train de développer ce genre de projet avec l’Equateur, le Salvador et l’Irak ».

Souana Doré