Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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CENI TV

La CENI en collaboration avec l’OIF a organisé du 23 au 27 Août deux sessions de formation à l’intention des commissaires de l’institution et des journalistes sur la planification et la communication électorale.

Au terme de la formation, des experts formateurs et des journalistes se sont prononcés sur les contenus des thèmes dispensés.

Mlle. Aïssatou Bah, Journaliste au site africaguinee.com
« Il est très important pour un journaliste de donner la priorité à la paix et à la quiétude sociale »
« J’ai retenu beaucoup de choses à l’issu de cette session d’échange. Le thème en dit très long : « Média et communication électorale ». La CENI en ces dernier temps se fait beaucoup de soucis pour la formation des hommes de médias. Pour le cas présent, nous savons comment se comporter en cette période des préparatifs des élections de proximité. Nous allons mettre cette formation à profit pour mieux informer les citoyens sur les enjeux de ces élections locales. Il est très important pour un journaliste de donner la priorité à la paix et à la quiétude sociale. Le journaliste doit aussi savoir que pendant les périodes électorales, beaucoup d’informations sont d’ordre sensible et pour leur traitement, il doit prendre assez de précaution au risque de créer le désordre dans la cité. Merci à la CENI, à l’OIF et aussi aux experts qui ont échangé leurs expériences avec nous. Par  cette formation, j’ai compris que le journaliste a beaucoup plus de devoirs que de droit ».


M. Thierno Alpha Ibrahima Baldé, Journaliste à Lynx Fm


« En période électorale, la presse devient une bombe en retardement, mais de part la formation, cette bombe peut être désamorcée »
« J’ai beaucoup appris sur les différentes méthodes de couverture d’une élection. J’avoue que c’est ma première fois de prendre part à une formation où on discute de ces choses essentielles pour la réussite d’une élection et surtout le rôle qu’un journaliste doit jouer. J’ai couvert une élection en tant que journaliste-reporter sans avoir tous les ingrédients. A partir de cette formation, je sais dorénavant les astuces qu’il faut pour réussir une couverture médiatique. C’est généralement pendant la période de campagne que des problèmes naissent. Nous savons maintenant quelles informations faut-il mettre à la disposition des auditeurs. Je remercie la CENI pour ses ouvertures à la presse. Je dis merci à l’OIF et aux experts venus du Canada, du Niger, de Dakar et de la France. En période électorale, la presse devient une bombe en retardement, mais de part la formation, cette bombe peut être désamorcée. L’angle de traitement d’une information doit être équitable pour tous les candidats. La formation est venue à un moment propice parce que nous sommes dans les préparatifs des élections locales. J’ai surtout retenu qu’un journaliste ne doit se faire donneur de leçon et qu’il ne doit pas se permettre d’enfreindre à la loi en donnant les résultats d’une élection avant l’organe de gestion des élections. »
 
Mlle. Manian Condé, Journaliste à Evasion TV


« Notre rôle est primordial et capital dans la réussite d’un processus électoral. »
«  Au terme des trois jours de formation et d’échange, j’ai su beaucoup de choses sur le cycle électoral et la conduite du journaliste avant, pendant et après les élections. J’ai été aussi outillée sur les procédures qu’il faut pour un journaliste dans la collecte et le traitement des informations électorales en ce qui concerne les candidats, la CENI et les citoyens dans leur ensemble. Notre rôle est primordial et capital dans la réussite d’un processus électoral. Nous sommes le garant de la crédibilité et de l’apaisement en période pré-électoral, électoral et postélectoral. J’ose remercier la CENI et l’OIF au nom de ma télévision pour ces formations qui se multiplient en faveur des journalistes. J’invite tous mes confrères de tenir compte des enseignements reçus lors de ces formations du donner et du recevoir. »


M. Cyrille Zogo ONDO, Spécialiste de Programme à l’OIF
« Les journalistes et les commissaires de la CENI sont incontestablement des membres clés du processus électoral »
« Je suis-là en Guinée dans le cadre d’un programme d’accompagnement du processus électoral. Pour ce cas précis, je suis en Guinée dans le cadre de la tenue de deux ateliers de formation sur la communication électorale. Le premier volet concerne les 25 commissaires de la CENI et le second volet les journalistes de la presse publique et privée. L’objectif vise à renforcer la capacité des journalistes et des commissaires de la CENI dans le domaine très important de la planification et de la communication en période électorale. Il faut dire que notre accompagnement s’inscrit dans une logique qui a été dégagée par les instances de la Francophonie et ce depuis 2008. Nous avons pensé que pour organiser des élections libres et paisibles, il faut inscrire les processus électoraux dans la durée. Il arrive malheureusement que c’est à la veille des élections que les gens s’activent pour trouver des solutions à certaines crises et à un certain nombre de difficultés pour l’organisation des élections. Pour ainsi inscrire ces processus dans la durée, nous pensons qu’il faut renforcer les capacités des acteurs. A partir de la formation, nous pensons que les acteurs doivent être au même niveau d’information sur le processus électoral. Nous sommes venus pour échanger avec les commissaires et les journalistes sur leurs compétences techniques et vice-versa. Avoir des bonnes élections le jour du scrutin ne relève pas de la sorcellerie. Il faut être préparé et mieux préparé. Ces bonnes élections participent à l’enracinement de la démocratie et de la bonne démocratie. Les journalistes et les commissaires de la CENI sont incontestablement des membres clés du processus électoral. Si ces deux entités ne sont pas outillées aux bonnes pratiques, je vous dis que le désordre et l’anarchie sont  inévitablement la bienvenue avant, pendant et après le scrutin. Aucun pays ne peut se permettre d’investir beaucoup d’argent dans une élection et se mettre aussi à investir assez de sommes pour éteindre les foyers de tension. A l’OIF, nous sommes préoccupés à la recherche d’une paix durable et à l’avancée de la démocratie dans nos pays membres. Sans les journalistes, sans les médias, il est difficile d’organiser des élections crédibles et transparentes. Les journalistes permettent de former les opinions, de sensibiliser les électeurs et de porter l’information qui permet à ceux qui prennent part au processus électoral d’être formé aux enjeux liés au processus.  En échangeant avec les journalistes, nous avons compris qu’en Guinée, les journalistes ont des soucis pour leur pays. Ils ont de façon responsable couvert les dernières élections sans faire de dégât. Cet état de fait est à saluer. »
 
M. Etienne Rougerie,  Expert média basé à Dakar
« Je suis en Guinée pour partager les expériences de mes confrères guinéens »
« J’ai eu la chance de faire partir de deux projets importants des médias organisés par la Fondation hirondelle. Ces projets ont eu à traiter des sujets ayant trait aux élections et leur gestion par les journalistes en République démocratique du Congo. J’étais aussi au Mali pour les élections législatives et celle présidentielle. Au Congo, j’ai travaillé avec des journalistes de la radio des Nations Unies, la radio Okapi et au Mali avec la radio Tamani. Je suis en Guinée pour partager les expériences de mes confrères guinéens et ce dans le cadre des préparatifs des élections locales à venir. Je ne suis pas là pour leur dire ce qu’il faut faire, mais leur dire ce que j’ai vécu et ils me diront eux-aussi ce qu’ils ont comme expérience acquise lors des élections passées. Nous échangeons les bonnes pratiques vécues ça et là. »

Dr. Charles Moumouni, Professeur à l’Université Laval du Québec (Canada)
« On ne peut exercer son métier de journaliste que dans un climat de paix et d’entente »
« Nul n’ignore l’importance des médias dans la vie des hommes en général et dans la démocratie en particulier. Tout le monde est unanime que dans la vie démocratique d’un pays, la presse joue un rôle de premier ordre. Quand les médias ne jouent pas efficacement leur rôle, nous connaissons les conséquences. Nous connaissons des pays où les médias ont contribué de manière négative à mettre l’huile sur le feu. Pour éviter que d’autres Etats ne tombent dans ces faits catastrophiques, il est utile et nécessaire que des journalistes échangent avec d’autres confrères sur des expériences vécues. C’est dans ce cadre que la CENI et l’OIF ont fédéré les énergies pour pouvoir encadrer une cinquantaine de journalistes. Dans les pays francophone, nombreux sont les organes de gestion des élections qui mettent dorénavant les garde-fous. C’est dans cadre que je suis en Guinée. Cet échange est une recommandation de la réunion de Tunis tenue par le Réseau des compétences électorales francophone (RECEF). Il faut signaler qu’à la rencontre de Tunis, la Guinée était représentée par une délégation de haut niveau en tête le président de la CENI. Je me réjouis que la Guinée ait tenu compte des recommandations du RECEF. Cela ne me surprend pas. La Guinée est un pays qui a toujours donné des belles leçons à toute l’Afrique. C’est ma première fois de venir en Guinée et pour ce premier voyage, je suis impressionné par la qualité de participation des journalistes à cette séance d’échange. A la Francophonie, les autorités se font assez de soucis pour les cycles électoraux de ses membres. La communication est dans toutes les phases du cycle électoral. C’est souvent par manque de communication que la rumeur  s’installe dans la cité et qui se termine par des prises de positions belliqueuses. Le séminaire de Conakry est une réussite. Le plus impressionnant est que la CENI a d’abord fait profiter ses commissaires qui se sont concentrés durant deux jours sur les notions de communication électorale. Une démocratie qui ne se fonde pas à la base est une démocratie qui crée des troubles dans nos Etats. Une démocratie bâtie au sommet est une démocratie qui s’écroule sur des pauvres citoyens. J’invite donc les journalistes guinéens au respect de leur éthique et déontologie. Un journaliste est avant tout un citoyen. A ce titre, il n’a aucun intérêt à ce que leur pays brûle. On ne peut exercer son métier de journaliste que dans un climat de paix et d’entente. De par la presse, les citoyens guinéens doivent comprendre à quoi servent les élections locales et les enjeux qui entourent ces consultations à la base. Les journalistes doivent se donner les moyens ou se faire accompagner par d’autres bonnes volontés afin de descendre sur le terrain, car on ne peut mieux informer sur ces élections en étant dans la capitale et dans un bureau climatisé. Il faut partir à la rencontre des populations pour connaitre leurs attentes et leur donner la parole pour qu’elles s’expriment et qu’elles disent ce qu’ils ressentent pour la gestion de leur localité. Mais si un journaliste reste dans son bureau climatisé, il ne pourra que raconter ce que les dirigeants au sommet véhiculent dans leur propre intérêt. Les journalistes doivent montrer la vrai face des candidats aux électeurs, tout en vérifiant les informations qu’il va donner. Les journalistes doivent permettre aux citoyens d’évaluer les offres des candidats ».


Propos recueillis par
Aly Badara Condé