Siège de la CENI

Amadou Salif KEBE Président de la CENI

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La sous-représentation des femmes dans les instances de prises de décisions politiques et administratives ne font pas honneur à notre pays. En tout cas c’est ce que pense le forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) et les femmes leaders de la société civile.

Ces femmes sont décidées à inverser la tendance à travers une campagne de plaidoyer auprès des institutions. C’est dans cette optique qu’une délégation du FOFPAG a été reçue, jeudi 03 novembre 2017 par le président de la CENI.

Selon la présidente du FOFPAG, honorable Hadja Fatoumata Binta Diallo, membre de la commission environnement et  développement local du parlement, les statistiques montrent que les femmes représentent environ 20% dans les sphères de prise de décision, dans les mandats électifs et les fonctions administratives. Qu’il s’agisse de l’Assemblée nationale, de la Cour suprême, du Conseil économique et social, du gouvernement ainsi que des gouverneurs, préfets et maires, le constat est le même. Pour la députée, cette proportion ne fait pas honneur à notre pays qui a souscrit aux lois et conventions en faveur de l’égalité et de l’autonomisation de la femme dans tous les domaines. Quand bien même le résultat du recensement général de la population et de l’habitation montre que les femmes représentent 52% de la population guinéenne. 

Honorable Binta soutient que la CENI a l’obligation, dans la validation des listes de candidats, de respecter l’article 8 de la Constitution qui dispose « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être et devenir privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Elle a enfin demandé aux femmes et filles de Guinée de s’engager résolument dans le combat pour changer la situation. En réponse, la directrice du département Planification de la CENI a vivement salué la démarche avant d’encourager les femmes à s’impliquer pour que les femmes et filles s’inscrivent davantage dans les listes électorales. Madame Camara Djenab Touré s’indigne que lors de la dernière révision des listes électorales, le pourcentage de femmes a diminué de 52% à 48%. Pour elle, il y a encore des efforts à fournir à ce niveau même si les femmes commissaires à la CENI se battent de leur côté pour atteindre les objectifs communs.

De son côté, le président de la CENI, a rassuré le FOFPAG de son soutien dans le respect des textes de loi. Maitre Amadou Salif Kébé dit partagé l’avis du FOFPAG en ce qui concerne la représentativité des femmes. Pour la simple raison dit-il « nous partageons leurs causes puisque si les femmes et les hommes travaillent ensemble, c’est un bonus pour la société. C’est le plus grand moyen de faire avancer notre pays », souligne le patron de la CENI.

Il rappelle que son institution a toujours évolué dans le cadre du respect des 30%. « Avec le changement de la loi électorale qui ne fixe plus de quota, limiter la représentation des femmes à 30% est désormais une violation de la loi et une violation du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes mentionnée dans notre Constitution », a-t-il signifié.

Désormais, promet le président de la CENI, "nous allons plaider pour des inscriptions zébrées de 50 % de chaque. Et nous demanderons aux partis politiques et la société civile d’aller vers la parité au lieu de se limiter ou de rester dans l’esprit de l’ancienne disposition électorale". Avant d’insister que c’est un travail de plaidoyer que la CENI va mener au près des partis politiques et de la société civile et il ne s’agit en aucun cas d’un pouvoir d’imposition mais de bons sens.

Aly Badara Condé